27/03/2011

Les Vins de Savoie

 

LES VINS DE SAVOIE

 Le mois dernier (Février 2011) Christine V. nous a fait une belle présentation sur les vins de Savoie.
Comme, il se fait qu’en 2005 (et oui déjà.) Pascal D. nous avait aussi parlé de cette région haut perchée, j’en ai profité pour faire cet article en reprenant un peu des deux présentations.
Vous pouvez accéder aux présentations complètes par les moyens habituels (Colonne de gauche et Liens en fond d’article).
Mais pour vous faciliter la vie, vous trouverez en fond d’article les liens directs vers ces deux présentations et leurs dégustations associées :                                                                                                                            

 

Contenu :

  •       HISTORIQUE
  •      GEOGRAPHIE – TERROIR – SOL
  •      LA SAVOYARDE
  •      DIFFERENTS VINS DE SAVOIE
  •      LES APPELATIONS
    • Ø      Système de Classifications (AOC)
    • Ø       Vin de Savoie
    • Ø      Roussette
    • Ø      Pétillant et mousseux de Savoie :
  •      LES VINS PRESENTES  (2005)
    • Ø      Apremont
    • Ø      Chignin
    • Ø      Altesse
    • Ø      Jongieux
    • Ø      Gamay
    • Ø      Mondeuse

 

  •     CAVES ET DEGUSTATIONS 2011
    • Ø      Cave des Chapelles Fabrice Pariat
    • Ø      La Treille Gaie : Propriétaire Chaumont
    • Ø      Domaine genoux

 

1    HISTORIQUE DE LA REGION SAVOIE

C'est Pline l'Ancien et Columelle qui ont célébré les vins de l'Allobrogie qui ont servi avec honneur les vins de Savoie sur les tables de Lucullus et d'Antoine. Ayze, l'un des vignobles les plus réputés de la région, fut signalé par saint François de Sales comme la paroisse de "la mère l'Eglise sur les vignes".

Au Xe siècle, le vignoble de Monterminod (alors "Mons Ermenaldi") fut donné à l'abbaye de Cluny "afin de réconforter et mettre en liesse les bons moines de cette abbaye", qui venaient de fonder une colonie sur les bords du lac du Bourget.

On sait aussi que l'un des meilleurs cépages actuels, la Roussette, fut importé de Chypre sous le nom d'Altesse par un croisé, le comte de Mareste, pour Anne de Lusignan. Nous nous garderons certes de critiquer un si bon usage des Croisades.

A partir de 1050, une première charte a été mentionnée à Seyssel en Haute Savoie, mentionnant la culture viticole. D'ailleurs par la suite on aura des traces à Apremont et à Abymes vers 1247 au sommet du mont Granier. Vignoble injustement inconnu des amateurs, c'est une curiosité incontestable de faire de la vigne dans une région antourées de lacs st de montagnes souvent enneigées.

En 1774, le marquis Costa fait encore écho à la légende et conclut : « Ce n’est plus du vin de Chypre, mais c’est un vin fin, de beaucoup de qualités et qui conserve une distinction très grande au-dessus des meilleurs vins blancs du pays .»

Savoyard d’origine, le docteur Ramain affirmait qu’autrefois on ne comptait pas moins de soixante-cinq crus. Ils restent fort nombreux.

Au moyen âge… influence de l’église :

C’est ensuite au moyen age que l’on voit apparaître dans les chartes, le nom des vignobles les plus connus. La plupart des documents auxquels on se réfère sont des actes provenant des archives de monastères ou de prieurés car partout les propriétés de l’église, déjà importantes, allaient en s’amplifiant du fait de nombreuse donations. Cependant, les moines ne se contentaient pas d’amasser les biens, mais pratiquaient de nombreuse expériences tant en matière de conduite de la vigne que dans le domaine de la vinification, de telle sorte que la qualité des vins savoyards allait en s’améliorant.

Du moyen âge à la révolution…démocratisation de la viticulture :

L’ abolition progressive du servage, et l’émergence de la bourgeoisie précipitèrent le déclin des propriétés seigneuriales. Elles entraînèrent une redistribution des terres et un important morcellement du vignoble. Du 16e au 18e siècles, le vignoble s’étendit vers des versants pentus jusqu’à des altitudes proches de 1000 m, mais il glissa aussi vers des sols plus fertiles de la plaine. Ces extensions, conjuguées avec la plantation de cépages médiocres altérèrent la qualité du vin. Pour tenter de remédier à cette situation, on tenta, dès 1556, de limiter l’emprise de la vigne à un tiers de la surface de l’exploitation agricole et le duc Emmanuel Philibert institua, par un édit de 1559, le ban des vendanges dans le but de favoriser la récolte des raisins mûrs.

Mais, ces mesures réglementaires eurent peu d’effet car la vigne, plus rémunératrice que les cultures traditionnelles, représentait une part de plus en plus importante du revenu du paysan. Une situation de surproduction chronique s’installa en Savoie. Elle persista jusqu’à la seconde moitié du 18e siècle, incitant le marquis Costa de Beauregard à faire quelques mises au point : « la Savoie a beaucoup de vignes. C’est peut-être une des causes de sa misère. Quand le abonde, on s’y accoutume et on boit beaucoup. Quand il manque, on ne peut plus s’en passer : le prix devient alors excessif et donne à cette denrée une valeur qui lui fait supporter le transport des vins étrangers. Non seulement on a perdu une récolte précieuse, mais encore on s’épuise pour la remplacer » ou encore : « le labourage et la vigne doivent faire deux métiers séparés… ils se nuisent réciproquement ».

De la révolution à la fin du 19e siècle…« l’effet phylloxéra »

De manière générale, la révolution de 1789 eut des répercutions favorables sur le développement de la vigne en Savoie : l’accession des fermiers à la propriété par le rachat de vignobles devenus biens nationaux réduisit le métayage agricole et généralisa le faire-valoir direct. Cette évolution se traduisit par un soin accru apporté au vignoble. Au début du 19e siècle, la qualité des vins savoyards apparaît très hétérogène. Cela tient à la fois aux expositions très diverses, à la grande variabilité altitudinale, mais aussi à la variété des cépages utilisés ainsi qu’aux modes de conduite choisis, les ceps hautains sont encore très répandus.

L’annexion de la Savoie à la France eut finalement des conséquences moins catastrophiques que celles auxquelles on aurait pu s’attendre. L’entrée en concurrence des vins savoyards avec les vins du midi français s’effectua peu avant la crise du phylloxéra, crise qui remit en question toutes les données préexistantes. Le phylloxéra fit son apparition en Savoie en 1877. Dès 1883, des syndicats de défense au sulfure de carbone furent crées dans une dizaine de communes. Mais en 1885, 55 des 65 communes viticoles étaient phylloxérées. Parallèlement, le mildiou était apparu en 1878 et l’oïdium en 1880.

Tous ces malheurs n’entraînèrent cependant pas une réduction de la surface du vignoble. En effet, le remède du greffage sur porte-greffe américain ayant été découvert à la fin des années 1880, un vaste mouvement de replantation, encouragé par les prix élevés consécutifs à la réduction du vignoble méditerranéen, permit de compenser les destructions dues au phylloxéra.

La reconstitution du vignoble s’accompagna de profondes transformations :

- au niveau de l’allure du vignoble tout d’abord : on enregistra une quasi disparition des hautains au profit des treilles simples en bordure de champs, de vignes hautes avec ou sans culture intercalaire ou de vignes basses.

- au niveau de la structure foncière ensuite, puisque la crise contribua à l’élimination presque totale de l’aristocratie viticole. Les grands propriétaires, privés pendant près de dix ans du revenu de leurs vignes, rebutés par les frais énormes de reconstitution, préfèrent vendre pour chercher ailleurs des placements moins précaires.

- au niveau des soins donnés à la vigne enfin, puisque Mr. Fleury-Lacoste, alors président de la société centrale d’agriculture, fit paraître en 1865 un guide pratique du vigneron dans lequel il exposait les nouveaux procédés de taille de la vigne.Au 20e siècle, s’achève donc un véritable renouveau du vignoble savoyard, dû en grande partie aux recherches visant à sa meilleure mise en valeur et au développement considérable de la culture de la vigne, surtout en zone basse.

Dans la 1ère moitié du 20e siècle : concentration des surfaces, recherche de la qualité . . .

Une crise viticole, due essentiellement au gain de production des vignobles du midi entièrement replantés va se poursuivre jusqu’en 1905. La première guerre mondiale aura d’importantes répercutions sur la viticulture : le manque de main d’œuvre ou son prix élevé contribuant à l’abandon de certains coteaux à la friche ou à l’arrachage et à la transformation en prairie.

Cependant, la replantation se poursuit dans les situations plus faciles du fait de l’abondance des récoltes et de l’importante augmentation des prix. La mévente de la récolte de 1922, l’arrivée de la crise de 1930, la dénatalité et l’urbanisme naissant, engendrent un nouveau recul et les parcelles en pente sont de nouveau abandonnées.

La seconde guerre mondiale accentuera encore le mouvement de concentration, mais de façon moins nette qu’on aurait pu le craindre.

La vigne a donc largement participé à l’élaboration du paysage savoyard. Elle garde aujourd’hui la place privilégiée qu’elle a toujours occupée, mais ses traits actuels ne sont que le reflet de ce qu’elle était autrefois.

Le vignoble couvre actuellement une aire géographique très limitée qui a subi une double réduction :

- réduction altitudinale : la vigne atteignait la limite de ses possibilités dans beaucoup d’endroits.

- réduction spatiale : elle s’est concentrée dans les secteurs les plus favorables à sa culture, gage d’une qualité plus constante.

Si elle demeure l’une des cultures les plus prisées de Savoie, la vigne n’est cependant pas à l’abri de risques dus principalement aux aléas climatiques. Certaines campagnes récentes en témoignent avec acuité.

 

 

2   GEOGRAPHIE – TERROIR – SOL

La Savoie compte 1 800 ha de vigne pour 130 000 hl environ et en année moyenne. Les blancs sont en majorité. A la Savoie proprement dite (1 300 ha) s’ajoutent la Haute-Savoie, l’Isère et l’Ain.

 

2.1   RELIEF

Avec une altitude moyenne de 1 500 m, 36 sommets de plus de 3 500 m et 107 de plus de 3 000 m, la Savoie s’identifie comme un département de haute montagne dans lequel on a peu de chances de découvrir des vignobles.

Mais les glaciers du quaternaire ont modelé de grandes vallées et, en se retirant, abandonné d’importantes quantités de roches arrachées aux sommets et aux versants : les moraines. Ces amas ainsi que les cônes de déjection torrentiels ou les effondrements accidentels (Granier), combinés à des conditions altitudinales (entre 300 et 600 m) et à des expositions propices constituent des sites privilégiés pour l’implantation de la vigne.

 

2.2   CLIMAT

En dépit de son caractère montagneux, la Savoie présente un climat étonnement tempéré, sa dominante continentale étant modulée par de fortes influences océaniques. Mais c’est surtout le contraste des situations, trouvant son origine dans les différences d’altitude, qui apparaît le plus marquant.

Les précipitations, augmentant avec l’altitude, atteignent un niveau relativement élevé en Savoie (1 200 mm par an), mais sont réparties de façon homogène (environ 150 jours) sur les différents mois de l’année. Du fait de l’installation du vignoble sur des sols souvent pentus et généralement bien drainés, l’importance des apports d’eau n’est pas gênante.

Par contre, leur régularité favorise le développement des maladies cryptogamiques, peut engendrer la coulure au moment de la floraison et prédispose aux gels de printemps, quand la neige stationne encore à basse altitude, ou aux chutes de grêle estivales.

La filière vinicole « vins de Savoie » comprend 4 coopératives, 10 négociants et près de 1000 producteurs. Parmi ces producteurs, les 2/3 vinifient sur leur exploitation et doivent donc assurer la commercialisation de leur vin, soit directement, soit par l’intermédiaire du négoce.

 

2.3   Age et surface du vignoble

Deux fois moins de vignes

A l’instar de nombreuses zones viticoles françaises, le vignoble savoyard a connu son apogée au début du siècle. De son évolution antérieure on ne connaît que des chiffres fragmentaires sur tel ou tel terroir ou des totalisations ponctuelles, au hasard d’un rapport, d’une étude ou d’une enquête décennale. On cite ainsi les valeurs de 7800 ha en 1792, puis 11000 ha en 1872 ou encore 12700 ha en 1888. A partir de 1900, on dispose par contre d’une série de qualité hétérogène qui révèle cependant une diminution lente mais régulière du vignoble.

Le vignoble haut-savoyard a connu une évolution historique des surfaces identique, jusqu’à la fin du 19e siècle, ou il dépassait 800 ha. Mais, après la crise phylloxérique, la reconstitution a été moins active et les surfaces se sont progressivement réduites à l’emprise des seules AOC.

  Mais deux fois plus de surfaces en appellation

Sur l’ensemble des quatre départements, les surfaces en vignes destinées à l’appellation ont été multipliées par deux en vingt cinq ans. Elles progressent d’environ 3% par an et représentent actuellement 10% de la surface viticole de l’Ain et de l’Isère, 50% de celle de la Haute-Savoie et près de 80% du vignoble savoyard.

 

3  La Savoyarde

Il s’agit d’une nouvelle bouteille créée en partenariat par le Syndicat Régional des Vins de Savoie, Saint Gobain et BSN, et mise en service par les AOC en 1991. Ce flacon, compromis original entre la « véronique » et la « bourguignonne », est marquée de la Croix de Savoie à l’épaule. L’habillage de la bouteille reste inchangé. Il doit règlementairement comporter le nom de l’AOC, le cru éventuel, le titre alcoométrique, le volume net, le nom ou la raison sociale et la commune de localisation de l’embouteilleur.

La capsule sertie coiffant le bouchage porte au sommet le timbre fiscal intégré (congé), de couleur verte pour les AOC.

 

4  Les différents vins de Savoie

 

4.1  Localisation

Le vin de Savoie se répartit en une vingtaines d’îlots ou de rubans dans quatre départements de la région Rhône-Alpes (Savoie, Haute-Savoie, Isère et Ain), qu’il intéresse d’une façon tout à fait inégale.

4.2  En Haute-Savoie (170 ha) :

- la rive sud du Léman : crus Ripaille, Crépy, Marignan et Marin.

- la côte d’Arve : Ayze.

- la vallées des Usses : Frangy.

- Au bord du Rhône : Vignoble de Seyssel partagé avec l’Ain pour 90 ha.

4.3  En Savoie (1550 ha) :

- les premières côtes de la rive gauche du Rhône : Chautagne.

- le versant occidental de la montagne du Chat : Marestel, Monthoux, Joigneux.

- le Val du Bourget et la cluse de Chambéry : Monterminod, St Joire, Chignin, Bergeron, Apremont et Abîmes qui débordent sur l’Isère pour 130 ha.

- La rive droite de la Combe de Savoie : Crus Montmélian, Arbin, Cruet et Saint Jean de la Porte

 

4.4   Poids économique

Au cours de vingt dernières années, la viticulture s’est progressivement imposée comme la première production végétale du département et la seconde livraison de produits agricoles après le lait.

Mais l’histoire de la viticulture en Savoie semble constituée d’une succession de périodes fastes durant lesquelles la vigne s’est montrée conquérante et de temps plus difficiles où elle a du se replier sur ses positions les plus écologiquement favorables.

 

 

5  Les Appellations

La nomenclature courante des vignes à raisin de cuve est basée sur la notion de vocation et non de déclaration de récolte à la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects.

Il faut ainsi distinguer :

- vins d’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC).

- Vins Délimités de Qualité Supérieure (VDQS).

- Ces deux classifications sont regroupées au niveau européen en Vins de Qualité Produits dans des Régions Déterminées (VQPRD).

5.1  Les AOC

En France, la notion d’AOC est définie par une loi de 1935. Un vin (ou une eau de vie), ne peut porter une appellation d’origine que si celle-ci est consacrée par des usages et une renommée constatée. Cette renommée repose sur des critères qualificatifs liés à des facteurs naturels (climat, nature du sol, topographie, cépage), qui définissent le terroir viticole, et à l’intervention de l’homme qui agit suivant des usages locaux, loyaux et constants.

L’appellation d’Origine, droit collectif appartenant à des producteurs qui se soumettent ) des règles strictes de production et de fabrication, est donc caractérisée par un milieu géographique délimité et une originalité fondée sur son lieu et ses conditions de production.

Chronologiquement, il faut distinguer :

  • · 2 Appellations d’Origine Contrôlée de vignobles (AOC) 

        -SEYSSEL (décret du 11 février 1942), limité à 3 communes : Seyssel (74), Seyssel et Corbonod (01).

         - CREPY (décret du 29 avril 1948) qui intéresse également 3 communes : Ballaison, Douvaine, Loisin (74).

 · l’Appellation d’Origine Contrôlée régionale

        - VIN DE SAVOIE (décret du 4 septembre 1973 et du 21 avril 1989), qui délimite un vignoble AOC intégrant 28 communes de Savoie, 20 de Haute-Savoie , 2 de l’Ain et 1 de l’Isère.

 

5.2    Vin de Savoie :

Abymes , Apremont , Arbin , Ayze , Chautagne , Chignin , Chignin-Bergeron , Cruet ,
 Jongieux , Marignan , Marin, Ripaille , Saint-Jean-de-la-Porte, Saint-Jeoire-Prieuré.

 

5.3    Roussette de Savoie :

Frangy : Chamont, Désigny et Frangy
Marestel : Jongieux et Lucey
Monterminod : Saint-Alban-Leysse
Monthoux : Saint-Jean-de-Chevelu

  

5.4    Pétillant et mousseux de Savoie :

Ayze : Ayze, Bonneville et Marignier

 

6    LES VINS PRESENTES

 

6.1   Apremont

L'appellation "Vin de Savoie cru Apremont" est élevée sur les communes d'Apremont (partie), Les Marches (partie) et de Saint-Baldoph (73). "Asper montis : la montagne rocheuse et rude", qui voit le Mont Granier surplombant les vignes comprend aisément l'étymologie du nom de ces lieux.
L'Apremont est un des crus de Savoie les plus connus par le grand public. Ce succès est sans doute dû à l'importance de sa production qui est la première de Savoie (28 % des vins blancs). Ce vin est ainsi largement diffusé dans toute la France et l'on peut supposer qu'il accompagne avec l'Abymes 90 % des fondues savoyardes des foyers français.
L'Apremont est le plus souvent issu du cépage Jacquère qui règne sans partage sur les versants du Granier, c'est un vin très sec et perlant à la robe cristalline très claire. On pourra, dans certain cas malheureux, lui reprocher une acidité trop poussée qui est peut-être une des causes de l'image négative des vins de Savoie dans l'Hexagone. Ce vin au goût très sobre, aux saveurs de fleurs d'alpage, de rose, de chèvrefeuille, de jasmin et aux arômes d'amandes vertes est très diurétique, il doit être consommé dans l'année.

 

6.2   Chignin

La réputation de l'actuelle A.O.C."Vin de Savoie cru Chignin" remonte au XIème siècle, en témoignent les ruines des sept tours médiévales parsemées dans le vignoble. Il est principalement issu du cépage Jacquère. Représentant 9 % de la production des vins blancs de Savoie, le Chignin est élevé sur la commune éponyme au bout de la cluse de Chambéry en face des terroirs d'Abymes et d'Apremont. Exposé Sud, Sud-Ouest, protégé des vents du Nord par le mont St Michel, le mont Rojoux et la colline de St Anthelme, le vignoble est implanté sur toute la face méridionale de la "Savoyarde".
C'est un vin sec, discrètement fruité et léger, à la robe d'un jaune brillant qui doit être bu jeune. Senteurs de noisettes et de pommes.
Le Chignin ne doit pas être confondu avec le Chignin-Bergeron cultivé sur la même commune mais élaboré à partir de Roussane.
La production de l'appellation Chignin en rouge est extrêmement réduite par rapport à la production de blanc. On trouve ici les trois cépages dominants en Savoie : le Gamay, le Pinot noir et la Mondeuse .

 

6.3   Altesse

Synonymes : Roussette, Roussette de Montagnieu, Roussette Haute, Fusette d'Ambérieu, Mâconnais, Prin blanc, Ignan blanc ...

Origine : les traditions rapportent que les premiers plants auraient été ramenés de Byzance en 1367 par Amédée VI ou en 1432 dans la dot d'Anne de Chypre mariée à Louis II de Savoie. Selon d'autres sources le terme Altesse vient peut-être du terme "coteau des altesses" c'est à dire des gradins, des vignes étagées où l'on cultivait ce cépage, ce qui au passage n'en indique pas l'origine géographique.

Pour réconcilier tout le monde il semble que les premiers titres de noblesse de ce cépage éminemment savoyard remontent à 1530 à Lucey sur les flancs de la montagne du Chat. Ce vignoble prendra le nom de Marestel en 1563.

Aire de culture : l'altesse intéresse 50 % des surfaces viticoles de l'Ain, 9 % de la Haute-Savoie et 6 % de la Savoie. On la trouve dans la région de Yenne, de Lucey, de Jongieux, de Chautagne, de la cluse de Chambéry, de la combe de Savoie, de la vallée des Usses et sur la rive droite du Rhône. La Roussette représente 9% de la production des vins blancs de Savoie ( hors appellation Seyssel).

Caractéristiques : cépage vigoureux à sarments étalés. Les sols préférés sont les marnes argileuses et calcaires. Rendement faible qui doit être compris entre 59 et 68 hl/ha dans l'appellation Roussette de Savoie, et 53 et 62 hl/ha dans l'appellation Roussette de Savoie suivie d'un nom de cru.

Vin : il ne doit pas dépasser 13°. Il est généralement sec, avec du corps, épicé, complexe et racé. Fines saveurs de noisette, de bergamote, de miel et d'amande douce. Nez riche en senteurs de violette.

 

6.4   Jongieux

L'A.O.C. "Vin de Savoie cru Jongieux" date de 1989, elle est obtenue sur les communes de Billième, Jongieux, Lucey, St-Jean-de-Chevelu et Yenne. L'appellation Jongieux est assez méconnue comme les appellations voisines de Marestel ou Monthoux, mais ici c'est le vin rouge qui domine ( la production de Jongieux rouge est quasiment le double de celle de blanc et représente 5 % de la production des vins rouges de Savoie), notamment le Gamay avec des arômes de fruits des bois et des senteurs de rose fanée.

 

6.5    Gamay

Synonymes : Gamay noir ...

Origine : Gamay est le nom d'un village bourguignon situé entre Meursault et Santenay mais l'origine de ce cépage célèbre est difficile à certifier : certains auteurs la situent dans le Beaujolais quand d'autres affirment que le Gamay était cultivé en Galles du sud-est avant l'occupation romaine...

Crus savoyards : s'il est présent dans la quasi totalité du vignoble savoyard, le Gamay est reconnu principalement dans deux crus : à Jongieux et en Chautagne.

Vin : titrant au maximum 13°, les vins sont en général pourpre clair, frais avec des arômes caractéristiques fruités de fruits rouges et un nez de rose fanée. On est souvent plus sensible "au charme de sa fraîcheur juvénile qu'au bouquet qu'il pourrait élaborer au fil des ans", il est vrai qu'il est moins propice au vieillissement que la Mondeuse.
Le Gamay peut également être élaboré en un rosé au parfum léger qui pourrait tenir tête à nombre de rosés méridionaux et plus rarement en un pétillant surprenant de fruité et de fraîcheur.

6.6   Mondeuse

Synonymes : Bon-Savoyan, Savoyen, Maldoux (Jura), Persaigne (Ain), Mandouze, Molette noire, Tournarin, Gros Plant. Surnommée dans la vallée de la Rochette "la mère du vin".

Crus savoyards : la Mondeuse s'exprime dans toute sa puissance dans les crus d’Arbin et de Saint-Jean-de-la-Porte reconnaissable par son côté "poivré". Certains puristes n'apprécient pas toujours son passage en fûts de chêne et les discussions peuvent être vives dans les caves.

Vin : il y a quelques années, la Mondeuse a effarouché nombre de palais non avertis, elle était alors vinifiée sans égrappage et pouvait subir une cuvaison de plus de quinze jours. Heureusement les méthodes ont changé et la Mondeuse sait aujourd'hui ravir une foule croissante d'admirateurs. Henri Bordeaux la décrit joliment comme "un vin au ton pourpre, au bouquet subtil de fleur d'automne, qui rappelle ces belles journées dont on craint la fragilité ".
C'est un vin très aromatique qui titre au maximum 12,5°, son astringence peut surprendre. Arômes de fruits rouges très caractéristiques et variables selon l'âge, senteurs de violette. Ce vin ne dévoilera ses saveurs et ses senteurs complexes qu'au dégustateur patient, "on y verra la logique des vins d'altitude".

Quelques rares producteurs élaborent la Mondeuse en rosé, cela donne un rosé atypique et fort plaisant, aux arômes de petits fruits rouges, de romarin et de violette. A conseiller à tous ceux qui en ont assez des rosés passe-partout.

 

7   CAVES ET DEGUSTATIONS 2011

 

7.1   Cave des Chapelles Fabrice Pariat

 Viticulture en bio-dynamique en Haute-Savoie au bord du Lac Leman.

Description:

Vins blanc, issu du cépage Chasselas, cultivé sur 5ha par Fabrice Pariat
au dessus de Thonon sur le territoire de Marin.

Vin sec et parfumé, avec une petite pointe de nervosité soutenue par un
gaz carbonique naturel.

S'apprécie en apéritif, mais aussi avec repas de fromage

 

7.2    La Treille Gaie : Propriétaire Chaumont

La superficie du vignoble est de 6 ha:

  • 5 ha en cépage "Altesse" qui est utilisé pour
    l'élaboration de la "Roussette de Savoie cru
    Frangy" et dela "Méthode Traditionnelle"
  • 1 ha en cépage "gamay" pour l'élaboration du
    "rosé"

    Toute leur production est vendue en bouteilles:
    • 75 % directement de notre cave ou lors de
      nos déplacements sur les marchés (juillet-
      aôut) et les foires aux vins locales.

25 % dans les auberges de proximité et magasin spécialisé

 

7.3   Domaine genoux

7.3.1    Un peu d'histoire

Arbin était jadis situé sur la voie romaine reliant Vienne à Rome ...
Déjà au IIème siècle, Arbin était entouré de vignes, comme le prouve un des motifs
de la
luxueuse villa gallo-romaine découverte en 1870 dans le sous-sol de notre domaine.

Le nom d'Arbin viendrait d'Albinus, personnage illustre, ancien sous procurateur de
Lusitanie.

Cultivé ensuite par les moines du prieuré d'Arbin dépendant de Cluny puis par les Chartreux,
le vignoble s'étendait avant la crise du phylloxéra sur plus de 200 hectares.

Actuellement, seuls les coteaux entre 250 et 350 mètres sont complantés. Les hautes côtes
restent en friche et on peut voir de loin leurs terrasses
à demi dissimulées par les
cornouillers sanguins.

-le Domaine Genoux, Château de Mérande, une surface de 12 hectares

Sept hectares sont réservés à la Mondeuse dont certaines vieilles vignes de plus d'un demi-
siècle produisent en quantité limitée un vin qui exprime toute la richesse et la typicité du C
ru
ARBIN.

Deux hectares sont plantés en Roussanne au pied du Rocher « le Grand Blanc », l'autre
grand terroir du Bergeron.

Un hectare et demi, sur les moraines glaciaires de Mérande, est planté en Altesse et produit
la Roussette de Savoie, le Grand Vin Blanc de la Savoie, Gamay et
Jacquère se partagent
les quelques dizaines d'ares restants.

Depuis 2000, le vignoble s'aqrandtt avec la remise en culture d'anciens coteaux parmi les
plus prestigieux du Cru comme
« le Paradis» et « les Terrasses de Lourdens » et il est
devenu en quelques années la première exploitation de l'appellation.

Depuis 2001, les chais rénovés sont installés au Château de Mérande, demeure d'exception
et emblème, s'il en est, le plus représentatif de notre histoire locale.

-Un talent familial

Notre famille a les pieds ancrés dans la vigne depuis des générations:

Nos ancêtres la cultivaient déjà dans les Abymes dus à l'éboulement du Mont Granier en
1248. Venus s'établir dans la Combe de Savoie,
à Arbin, la génération de nos parents a pu
accéder,
à force de sueur, à la création puis au développement de la propriété.
Aujourd'hui, ne pouvant assumer tout le travail de la propriété, André et Daniel Geno
ux ont
ouvert leur GAEC
à un nouvel associé: "Après des années de recherche, nous avons
rencontré Yann, qui fort d'une expérience dans différents vignobles, est un amoure
ux de la
terre et c'est avec plaisir que nous partageons nos idéaux, sa jeunesse offrant la pérennité
à
notre exploitation".

 

7.3.2      Des méthodes naturelles à la biodynamique

Depuis des générations, nos anciens travaillaient dans la plus pure tradition du respect de la
Terre.

En 50 ans, la Chimie a fragilisé la vigne et affaibli ses défenses immunitaires.

Forts d'une observation permanente, nous avons préservé un environnement naturel

exceptionnel (terrasses, haies et bosquets) et développons une conduite de protection et de
soins sans désherbants et autres pesticides.

Nous ne nous étions pas revendiqués "BIO" l'étant par nature. Depuis 2009, nous avons
demandé
à "ECOCERT" la certification de nos pratiques et évoluons vers la Biodynamie,
véritable méthode de soin de la terre considérée comme un être vivant reliée au cosmos.

 

7.3.3     Le Château de Mérande

 Situé sur la commune d'Arbin, tout près de Montmélian. Il
appartient à André et Daniel Genoux dont la famille a
les pieds ancrés dans la vigne depuis des générations.

Leurs ancêtres cultivaient déjà la vigne dans les Abymes, terroir créé par
l'éboulement du Mont Granier en 1248. Venus s'établir dans la Combe de 5
Arbin, la génération de leurs parents a pu accéder, à la création puis au
développement de la propriété. Aujourd'hui, André et Daniel Genoux ont
0
leur GAEC à un nouvel associé, Yann Pernuit.

 

7.3.4      Roussette de Savoie 2007,
Château de Mérande

 

Les grandes années, une sélection du deuxième voire du troisième passage
est éle
vée en foudre de chêne. C'est la cas de cette cuvée.

Cépage: Roussette appelée aussi Altesse

Dégustation: nez fin et tendre aux arômes de fleurs mellifères et de fruit!
confits.

Après une attaque franche comme un savoyard (dit-on), cette Roussette of
agréable moelleux en milieu de bouche. La longue final
e est sur le fruit et "
raisins secs.

Service et conservation: vous le dégusterez aujourd'hui vers 10/11 °C el
jusqu'en 2015 au moins

Accommodement: elle s'accordera très bien avec un poisson d'eau dOUCE
(brochet, perche, truite, féra), en terrine, en papillote ou au un beurre na
nl
une quiche lorraine, une escalope de veau
à la crème. Fromages: Beaufort
Cantal, chèvres

Superficie: 12 hectares (totalité du domaine) dont 1,5 hectare d'Altesse

Exposition : est.

Sol/terroir: moraines glaciàires (sol fin et graveleux).

Mode de culture: « Nous ne nous étions pas revendiqués "bio" l'étant pal
nature. Depuis 2009, nous avons demandé
à "ECOCERT" la certification de
pratiques et évoluons vers la Biodynamie, véritable méthode de soin de la
1
considérée comme un être vivant reliée au cosmos.
»

- valorisation du sol et de la plante par des préparations de type végétal, rr
ou animal,

- application à des moments précis en fonction du cycle de la vigne et en re
avec un calendrier lunaire et planétaire,

- travail du sol et le retour à la traction animale.

Vendange: manuelle.

Vinification: traditionnelle en cuve avec contrôle des températures.

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 LIENS VERS SITE ECCEVINO :

Pour voir les Fiches détaillées et la Présentation Complète:  Site Eccevino

Présentation Pascal 2005 : Pascal 2005

Présentation Christine 2011 : Présentation Christine

Dégustation Pascal 2005 : Notes de Dégustation Pascal 2005

Dégustation Christine 2011 : Notes de Dégustation Christine 2011

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